Sciences et espace
Sophie Adenot a quitté l’ISS : amerrissage prévu jeudi vers 17 h 34
La capsule de Sophie Adenot a quitté la Station spatiale mercredi à 14 h 05, heure de Paris. L’astronaute française, détentrice du record européen du plus long vol spatial, doit amerrir jeudi vers 17 h 34, sauf report.

Cette fois, l’horaire a tenu. La capsule Crew Dragon s’est détachée du module Harmony de la Station mercredi 7 octobre à 14 h 05, heure de Paris, annonce la NASA. Sophie Adenot y a pris place avec les trois autres membres de l’équipage Crew-12 : les Américains Jessica Meir, commandante, et Jack Hathaway, pilote, et le cosmonaute russe Andreï Fediaïev. L’agence américaine annonçait un trajet de retour d'« environ 27 heures ».
Mercredi le départ, jeudi la rentrée
- Mercredi 7 octobre, 12 h 05 : fermeture de l’écoutille entre la capsule et la Station, selon la NASA (elle était prévue à 12 h 20).
- Mercredi 7 octobre, 14 h 05 : désamarrage.
- Jeudi 8 octobre, 16 h 46 : allumage prévu des moteurs pour quitter l’orbite.
- Jeudi 8 octobre, vers 17 h 34 : amerrissage prévu au large de la Californie.
- Jeudi 8 octobre, 19 h 15 : point presse de la NASA, qui doit faire le point sur la mission Crew-12 après l’amerrissage, d’après l’agence.
Ces horaires sont ceux de la NASA, convertis depuis l’heure de la côte Est des États-Unis (+6 h) ; les horaires prévus concordent avec ceux de l’ESA, qui précise qu’ils peuvent changer. Avant le départ, l’agence américaine avait prévenu que le désamarrage dépendait de l’état de la capsule, de la disponibilité des équipes de récupération et de la météo dans le Pacifique. Depuis le désamarrage, la NASA ne diffuse que le son des échanges entre l’équipage et le contrôle ; la retransmission vidéo reprend jeudi à 16 h 20 et se poursuit jusqu’à la récupération de l’équipage. L’ESA diffuse aussi l’amerrissage en direct, sur ESA Web TV et sur YouTube, à partir de la même heure.
Ce départ à l’heure dite vient après deux glissements. Il était envisagé pour lundi 5 octobre, selon franceinfo, avant que la NASA ne le repousse le 3 octobre, après examen de la météo dans la zone d’amerrissage, à mercredi 7 h 05 (heure de Paris). L’horaire avait encore été décalé le 5 octobre, à 14 h 05.
Une journée de descente
Après le désamarrage, la capsule devait enchaîner une série de manœuvres pour s’éloigner de la Station avant d’entamer le voyage de retour, décrit l’ESA. Les pages de l’ESA et de la NASA ne détaillent pas la journée en orbite qui sépare ces manœuvres de la rentrée.
Le moment décisif arrive jeudi : l’allumage des moteurs qui fait quitter l’orbite à la capsule intervient environ 48 minutes avant l’amerrissage, toujours selon les horaires de la NASA. En traversant l’atmosphère, Dragon est protégé par son bouclier thermique du plasma brûlant qui se forme devant lui ; la température monte « jusqu’à 1 600 °C », indique l’ESA. La fin de la descente se fait sous parachutes, jusqu’à un amerrissage dans le Pacifique où des équipes de la NASA et de SpaceX récupéreront la capsule et accueilleront l’équipage. Les quatre astronautes retrouveront alors « la terre ferme pour la première fois depuis près de huit mois », écrit l’ESA.
Cologne, première étape du retour au sol
L’ESA a détaillé la suite dans une page publiée le 28 septembre : premiers examens médicaux, transfert en hélicoptère vers la côte, puis passage de relais officiel entre l’opérateur du vol et l’ESA. Quelques heures après l’amerrissage, Sophie Adenot doit s’envoler vers l’aéroport militaire de Cologne, en Allemagne, où se trouvent le Centre des astronautes européens et une installation du Centre aérospatial allemand (DLR) baptisée « :envihab ».
Ce retour direct en Europe tient à la fragilité des premiers jours. Après des mois en microgravité, les astronautes connaissent « des changements physiologiques importants » et peuvent être « plus vulnérables » au début de leur réadaptation à la gravité terrestre, explique l’ESA, qui juge cette période « particulièrement sensible, à la fois pour la santé de l’astronaute et pour la recherche scientifique ». Après une mission longue, cette phase dure en général une quinzaine de jours, entre comptes rendus techniques et mesures sur la façon dont le corps se réadapte. L’agence a convié la presse sur le tarmac de Cologne ; son avis du 25 septembre, antérieur aux reports, évoquait un retour « vers le 7 ou le 8 octobre ». Les pages de l’ESA consultées le 8 octobre ne donnent pas d’heure d’arrivée en Europe.
237 jours dans l’espace et un record européen
Partie de Floride le 13 février, arrivée dans la Station le lendemain, selon le CNES, Sophie Adenot est devenue la deuxième Française membre d’un équipage de l’ISS, 25 ans après Claudie Haigneré. Au retour, son équipage aura passé 237 jours dans l’espace, selon la NASA, si l’amerrissage a lieu jeudi comme prévu. Avant le vol, l’ESA et le CNES annonçaient une mission de neuf mois ; la NASA parle désormais d’un séjour de « près de huit mois ». Aucune des pages officielles consultées n’explique cet écart. La relève, l’équipage Crew-13, est à bord depuis le 1er octobre.
Le 3 septembre, elle a atteint le cap des 200 jours consécutifs à bord, établissant selon l’ESA un nouveau record européen du plus long vol spatial. Il appartenait à l’Italien Luca Parmitano (200 jours avec la mission Beyond), suivi de près par Thomas Pesquet (199 jours avec Alpha). Elle est aussi sortie trois fois dans le vide en moins de quinze jours, pour un total de 19 h 42 hors de la Station, notamment pour remplacer des équipements essentiels et installer une antenne de communication, rapporte l’agence, qui précise qu’elle a mené la troisième sortie.
Muscles et échographies : deux expériences à suivre
Avant le lancement, le CNES estimait à environ 200 le nombre d’expériences auxquelles l’astronaute participerait. Deux d’entre elles illustrent ce que l’Europe cherche à apprendre.
EasyMotion-2 teste si l’ajout d’électrostimulation aux séances de sport des astronautes entretient mieux le tonus, la raideur et la force des muscles. Une première démonstration dans l’ISS, lors de la mission européenne Cosmic Kiss, avait donné des « indications prometteuses », mais il faut « plus de données », rappelait l’ESA fin août. Les mesures sont prises avant, pendant et après le vol, précise l’ESA : une partie de l’expérience se poursuit donc après l’amerrissage.
EchoFinder, l’une des expériences françaises citées par le CNES, combine réalité augmentée et intelligence artificielle pour permettre à un astronaute de réaliser une échographie sans assistance depuis le sol. Sophie Adenot pratique aussi l’échographie à bord : dans son point du 6 octobre, la NASA rapporte qu’elle a examiné les veines de l’astronaute canadien Josh Kutryk avec l’appareil Ultrasound 3.
Le reste du programme couvrait aussi les os, avec GreenBone, le sommeil, l’alimentation et l’éducation, avec ChlorISS, suivie par 4 500 classes selon le CNES.
Cet article sera mis à jour après l’amerrissage.
Les citations en anglais sont traduites par la rédaction.


