MobileExplication
Fin de la 2G : alarmes, téléassistance et vieux mobiles à vérifier
Orange a éteint la 2G dans 44 départements le 6 octobre et achève le 20 octobre, Paris compris ; SFR et Bouygues suivent d’ici à la mi-décembre. Fin juin, 1,7 million d’appareils, vieux portables ou alarmes, n’étaient compatibles qu’avec elle.

La vague du 6 octobre a touché la Bretagne, la Corse, Provence-Alpes-Côte d’Azur, la Bourgogne-Franche-Comté, les Pays de la Loire, l’Alsace et la Lorraine, le reste de l’Occitanie, l’Ardèche et la Drôme, ainsi que quatre départements d’Île-de-France : Seine-et-Marne, Essonne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne. Le 20 octobre, la 2G d’Orange s’éteindra dans les 43 départements restants, dont Paris, les Hauts-de-Seine, les Yvelines et le Val-d’Oise, mais aussi les métropoles de Lyon, Lille, Bordeaux ou Rouen. « Au 20 octobre 2026, le réseau mobile 2G Orange sera totalement arrêté », écrit l’opérateur sur sa page consacrée à l’arrêt. Seule exception, les « zones blanches réglementaires », où l’accès prendra fin entre le 1er et le 15 décembre.
Quatre opérateurs, trois calendriers
Orange a commencé par l’agglomération de Bayonne, Anglet et Biarritz le 31 mars, puis les Landes et le reste des Pyrénées-Atlantiques le 12 mai, sept départements du Sud-Ouest le 9 juin et Nice le 22 septembre, avant les deux vagues d’octobre, détaillées par l’Arcep. Outre-mer, la 2G d’Orange a disparu de La Réunion fin 2025 ; aux Antilles et en Guyane, son arrêt commencé en avril et en mai a été généralisé fin septembre (le 29 selon Orange, le 26 selon le tableau de l’Arcep). Mayotte suivra fin 2026.
Free Mobile n’a « pas de réseau 2G en propre », son calendrier est donc « identique à celui d’Orange », indique l’Arcep : ses abonnés passent par le réseau d’Orange, en itinérance. Le contrat qui l’organise, baptisé « contrat d’itinérance sur réseaux en fin de vie d’Orange France », court du 1er janvier 2026 au 31 décembre 2028, et l’Arcep a jugé inutile d’en demander la modification en octobre 2025. La 2G des clients de Free s’éteint donc au rythme de celle d’Orange, ce que l’opérateur leur a écrit par courriel en début d’année, selon Univers Freebox.
Bouygues Telecom coupera progressivement sa 2G entre le 1er et le 15 décembre, date à laquelle le réseau « sera totalement arrêté ». Quatre communes passent avant les autres : à Nancy, Vandœuvre-lès-Nancy, Brest et Guipavas, les clients n’y auront plus accès à partir du 15 novembre.
SFR retient aussi le 15 novembre. « Le réseau 2G de SFR s’arrête le 15 novembre 2026 », écrit sa branche entreprises, date reprise par l’Arcep. Ni SFR Business ni l’Arcep ne mentionnent de calendrier par zone.
La 3G, elle, tient encore quelques années : arrêt en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR, en 2029 chez Bouygues Telecom. Pour Free, la date est « non encore annoncée », indique l’Arcep.
Ce que la coupure éteint, et ce qu’elle épargne
Un appareil qui ne sait utiliser que la 2G perd tout service sur le réseau éteint : plus d’appels, plus de SMS, plus de données.
Les smartphones en circulation, eux, ne sont presque jamais en cause. Dans une réponse à un député publiée le 30 décembre 2025, le gouvernement assurait que « l’ensemble des équipements compatibles à la 4G, dont la quasi-totalité des téléphones mobiles en fonctionnement, pourront continuer de fonctionner ». Un téléphone compatible avec la 3G garde de son côté un réseau jusqu’à l’arrêt de celle-ci.
Le prochain écueil est ailleurs : la voix sur 4G, ou VoLTE. Orange prévient que certains téléphones 4G qui ne la gèrent pas « pourront donc continuer à fonctionner sur la partie données mobiles, mais les appels voix ne pourront pas être acheminés ». Pour qui remplace un vieux portable, l’Arcep recommande de vérifier cette compatibilité, qu’une mise à jour logicielle suffit parfois à activer.
Les appareils sans écran, angle mort de la transition
Le risque principal se cache dans des boîtiers que personne ne regarde. L’Arcep cite les alarmes connectées et la télésurveillance, « des systèmes de téléassistance aux personnes », le pilotage du chauffage, les interphones et visiophones connectés et « certains dispositifs médicaux ». Sa fiche destinée aux entreprises y ajoute les téléalarmes d’ascenseurs et la gestion de l’eau, Bouygues Telecom les terminaux de paiement et « certaines balises GPS ».
Les chiffres de l’observatoire trimestriel de l’Arcep montrent ce qui restait à migrer à quelques mois de la fin. Fin juin 2026, 620 000 cartes SIM « machine à machine » se trouvaient encore dans des appareils uniquement compatibles avec la 2G, contre 1,22 million un an plus tôt. Pour les abonnements voix, SMS et internet mobile, on en comptait 1,06 million. Au total, les terminaux « 2G » étaient 1,7 million, en baisse de 41,4 % sur un an, selon le régulateur. S’y ajoutent 1,39 million d’objets et 850 000 abonnements mobiles sur des appareils compatibles avec la 3G et la 2G, épargnés pour l’instant.
Ces chiffres restent incomplets. L’observatoire, limité à la métropole, exclut les cartes SIM montées par les constructeurs dans les voitures et les cartes SIM d’abonnés d’opérateurs étrangers en itinérance en France. Or les voitures sont concernées : le règlement européen qui encadre l’eCall, l’appel d’urgence automatique en cas d’accident, constate que ses normes reposent sur des réseaux « 2G/3G » et juge « urgent » de passer à la 4G et à la 5G. Il impose cette compatibilité aux nouveaux types de véhicules à partir du 1er janvier 2026, puis aux véhicules neufs à partir du 1er janvier 2027. Ni l’Arcep ni les opérateurs ne détaillent, dans les pages que nous avons consultées, ce que l’arrêt de la 2G change pour les véhicules déjà en circulation.
Pourquoi les opérateurs débranchent
La décision leur revient : l’arrêt de la 2G et de la 3G relève « de la stratégie des opérateurs qui en sont propriétaires », rappelle l’Arcep. Parmi leurs arguments : la sécurité de la 4G et de la 5G, un trafic devenu marginal, des industriels qui délaissent ces technologies au profit de la 4G et de la 5G, et des réseaux « plus énergivore[s] ». Surtout, l’arrêt « permet de libérer des capacités » : les fréquences pourront être réutilisées pour la 4G et la 5G. Orange avance un chiffre : ces technologies « consomment encore 21 % à 33 % de l’électricité des réseaux mobiles », selon la Fédération française des télécoms.
La couverture ne sert plus d’argument pour retarder l’échéance. Plus de 99,8 % des sites 2G et 3G sont déjà équipés en 4G, selon l’Arcep ; fin 2025, il restait « quelques dizaines de sites » à mettre à niveau, d’après le gouvernement. Celui-ci a refusé tout report : les dates, annoncées dès 2022, laissent assez de temps, selon une étude de l’Orece (l’organe des régulateurs européens, ou Berec) qu’il cite, et la France ne pourrait pas imposer le maintien de ces réseaux sans l’accord des opérateurs ou sans « compensations financières élevées se chiffrant en centaines de millions d’euros par an ». C’est donc aux contrats qu’il renvoie : la responsabilité et le coût du remplacement d’une alarme ou d’une téléassistance se règlent entre l’opérateur, le fournisseur du service et son client. Il indiquait aussi que la répression des fraudes contrôlait les vendeurs d’appareils, tenus d’avertir les acheteurs de téléphones 2G et 3G de leur obsolescence prochaine.
Pratique
La citation du règlement européen est traduite par la rédaction.


