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Motorola G05 : DAS de 5,53 W/kg pour 4 autorisés, puissance réduite
Plaqué contre un membre, le Motorola G05 dépassait de près de 40 % la limite européenne d’exposition aux ondes. L’Agence nationale des fréquences a annoncé le 12 octobre une mise à jour corrective, qu’elle a contrôlée.
Les propriétaires d’un Motorola G05 (référence XT 2523-3) ont un correctif à vérifier : sans lui, leur téléphone émet au-delà de ce qu’autorise la réglementation européenne lorsqu’il est tenu contre la peau. L’Agence nationale des fréquences (ANFR), le gendarme des ondes radio en France, a publié le 12 octobre le résultat de son contrôle : « Les mesures de l’ANFR ont révélé des valeurs dépassant cette limite. » L’agence a mis en demeure Motorola, en application du code des postes et des communications électroniques, de mettre fin à cette non-conformité ; le fabricant a choisi de « réduire la puissance des terminaux déjà commercialisés via une mise à jour logicielle ».

5,53 W/kg avant, 1,98 W/kg après
Le contrôle porte sur un seul des trois indicateurs du débit d’absorption spécifique (DAS), qui mesure l’énergie des ondes absorbée par le corps : le DAS « membre », mesuré téléphone au contact du corps. Les mesures ont été faites dans un laboratoire accrédité, précise l’agence, qui ne donne ni la date du prélèvement ni le lieu d’achat de l’appareil.
| Version du logiciel | DAS « membre » mesuré | Limite |
|---|---|---|
| VVTA35.51-114 (avant correctif) | 5,53 W/kg | 4 W/kg |
| VVTAS35.51-153-3 (après correctif) | 1,98 W/kg | 4 W/kg |
L’ANFR indique avoir « contrôlé l’efficacité des mesures correctives ». Après mise à jour, la valeur mesurée tombe sous la moitié de la limite. L’avis ne mentionne ni retrait du marché ni sanction au-delà de cette mise en demeure, et ne publie pas les DAS « tête » et « tronc » du modèle.
Ce que mesure le DAS, et pourquoi trois limites
Le DAS sert, selon l’ANFR, à « quantifier l’énergie transportée par les ondes électromagnétiques et absorbée par le corps humain ». Il s’exprime en watts par kilogramme de tissu (W/kg). L’agence en distingue trois, selon la façon dont on tient le téléphone :
- le DAS « tête », téléphone à l’oreille pendant un appel : limite de 2 W/kg ;
- le DAS « tronc », téléphone dans une poche ou un sac, mesuré à 5 mm du corps au plus : limite de 2 W/kg ;
- le DAS « membre », qui « correspond à l’usage du téléphone plaqué contre un membre » : limite de 4 W/kg.
Ces niveaux sont fixés par la recommandation européenne 1999/519/CE. Ils « découlent des travaux de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants, l’ICNIRP », un organisme scientifique qui, écrit l’ANFR, « n’a retenu que les effets avérés de l’exposition aux ondes, notamment l’échauffement des tissus ». Le DAS dépendant de l’énergie émise, baisser la puissance d’émission du téléphone suffit à le faire redescendre : c’est ce que fait la mise à jour de Motorola. L’ANFR ne dit pas si cette baisse a un effet sur la qualité de réception.
Un dépassement net, mais pas une première
Ce n’est pas la première correction de ce type. En mars 2025, l’ANFR avait ainsi pris acte d’une mise à jour du Nokia 110 (TA-1543) d’HMD Global, dont le DAS « membre » était passé de 4,23 W/kg à 2,87 W/kg. L’écart relevé sur le Motorola G05 est nettement plus large : 5,53 W/kg, soit 38 % au-dessus de la limite, contre 6 % pour le Nokia.
L’agence publie en données ouvertes les mesures qu’elle réalise depuis 2012. Le DAS « tête », celui de l’appel à l’oreille, n’est presque jamais en cause. L’ANFR note sur sa page de résultats : « hormis pour un seul téléphone, ces DAS ont toujours été conformes à la réglementation en vigueur ».
Ce que disent l’OMS et l’Anses
Dépasser la limite ne signifie pas qu’un effet sur la santé a été constaté. Les valeurs de l’ICNIRP sont construites à partir des seuls effets avérés, notamment l’échauffement des tissus. L’Organisation mondiale de la santé indique, dans ses questions-réponses sur les champs électromagnétiques : « Jusqu’ici, aucun effet sanitaire indésirable imputable à une faible exposition à des radiofréquences n’a été mis en évidence. »
En France, l’Anses, l’agence de sécurité sanitaire, a conclu dans son expertise de 2013 à l’absence d’« effets sanitaires avérés » des radiofréquences, tout en relevant des éléments de preuve « limités » d’effets biologiques (sommeil, fertilité masculine, performances cognitives) et en notant que certaines publications suggèrent un possible risque accru de tumeur cérébrale à long terme chez les gros utilisateurs. Elle recommandait aux utilisateurs intensifs le kit mains libres et le choix de téléphones au DAS le plus faible. Cette expertise porte sur les radiofréquences en général, pas sur l’exposition des membres.
Vérifier que son téléphone est à jour
Selon l’ANFR, « la mise à jour est automatiquement diffusée aux équipements correspondants, dès lors qu’ils sont connectés à un réseau de données (réseau mobile ou WiFi) ». L’agence invite les propriétaires à vérifier que leur appareil a bien été mis à jour et, à défaut, à faire la mise à jour manuellement. Le repère est le numéro de version du système : VVTAS35.51-153-3 est la version contrôlée par l’agence après correctif ; VVTA35.51-114, celle mesurée au-dessus de la limite.
Un téléphone resté éteint, sans connexion ou dont les mises à jour ont été désactivées peut ne pas avoir reçu la nouvelle version. C’est aussi le cas à surveiller pour un appareil d’occasion ou resté en stock, que rien ne distingue de l’extérieur : seul le numéro de version permet de savoir si le Motorola G05 émet encore à 5,53 W/kg.
Les citations de l’Anses sont traduites de la version anglaise de sa page par la rédaction.


