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Lundi 26 octobre 2026

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Google peut lier ses pubs à Gmail et Photos sur option, pas en France

Depuis le 16 octobre, les règles de Google n’excluent plus des publicités ciblées les contenus de Gmail, Drive et Photos, si l’utilisateur les ouvre à d’autres services. En France, cette ouverture n’est pas proposée, selon les pages d’aide de Google.

Logo de Gmail : un M aux couleurs de Google, bleu, rouge, jaune et vert, sur fond sombre.
Logo Gmail (marque déposée de Google), domaine public, via Wikimedia CommonsPhoto des vignettes : Le 8 rue de Londres à Paris, siège de Google France en 2016 (photo d’illustration) · Tangopaso, domaine public, via Wikimedia Commons

Vos courriels, vos documents et vos photos ne sont plus tenus sans réserve à l’écart des publicités ciblées de Google : depuis le 16 octobre 2026, ses règles de confidentialité lèvent cette exclusion pour qui a laissé son moteur de recherche ou son assistant Gemini puiser dans Gmail, Drive ou Google Photos, y compris dans la version française servie en France. Pour un compte français, la condition ne peut pourtant pas être remplie à ce jour : les deux fonctions qui ouvrent ce passage ne sont pas proposées dans l’Union européenne, d’après les pages d’aide de Google consultées le 26 octobre.

Une phrase, une condition

Jusqu’à la version du 12 octobre, comme dans celle du 1er octobre, la règle tenait en une ligne sans réserve. Le changement, signalé notamment par Android Authority, se lit en comparant ces versions archivées avec le texte actuel, dans la section « Proposer des services personnalisés, notamment en matière de contenu et d’annonces ». Google ne publie pas de tableau des différences ; voici le nôtre, sur le texte français (Workspace y désigne la suite bureautique de Google, qui comprend Gmail et Drive).

Version du 12 octobre 2026 Version du 16 octobre 2026
« Nous ne vous présentons pas d’annonces personnalisées en fonction de vos contenus sur Drive, Gmail ou Photos. » « Nous ne vous présentons pas d’annonces personnalisées en fonction de vos contenus sur Drive, Gmail ou Google Photos, sauf si vous choisissez de rendre les données issues de ces services disponibles pour d’autres services Google qui prennent en charge les annonces personnalisées. »
(absent) « Vous pouvez choisir d’autoriser certains services Google, y compris des services comme la Recherche ou les applications Gemini, à accéder aux données issues d’autres services Google que vous utilisez, comme Google Photos et les applications Workspace (Gmail et Drive, par exemple) […]. Par exemple, la Recherche peut traiter certaines des données auxquelles vous l’autorisez à accéder pour personnaliser le contenu, y compris les annonces. »
« annonces personnalisées sur la base de vos centres d’intérêt et de votre activité sur les services Google » « annonces personnalisées sur la base de vos centres d’intérêt, de votre activité ou de contenus personnalisés sur les services Google »

Ce qui ne bouge pas : l’exclusion des « catégories sensibles, telles que la race, la religion, l’orientation sexuelle ou la santé », et l’engagement de ne pas transmettre aux annonceurs, « sauf demande expresse de votre part », le nom ou l’adresse électronique de l’utilisateur.

Le mécanisme visé : l’« Intelligence personnalisée »

Les règles nomment la fonction concernée dans leur partie consacrée aux définitions : « l’Intelligence personnalisée » (Personal Intelligence en anglais). Elle permet à la Recherche et à Gemini de lire Gmail, Google Photos et d’autres applications pour répondre à des questions personnelles ; l’exemple donné par Google est une question sur un hôtel réservé, à laquelle la Recherche répond en s’appuyant sur l’e-mail de confirmation. Google l’a d’abord ouverte le 22 janvier 2026 dans le mode IA de son moteur (les réponses rédigées par intelligence artificielle au-dessus des résultats), aux États-Unis, en anglais, pour ses abonnés payants, en précisant que la connexion de Gmail et de Photos se fait « strictement sur option ». Le 17 mars, elle a été étendue aux utilisateurs gratuits « aux États-Unis ».

C’est l’aide anglaise de la Recherche qui dit le plus nettement ce que cela implique pour la publicité. Une fois les applications connectées, « les annonces ne seront pas fondées directement sur votre boîte Gmail ou votre bibliothèque Google Photos », et les annonceurs n’y auront pas accès ; mais les informations que la Recherche en tire « peuvent être utilisées pour vous montrer des annonces ». La version française de cette même page ne contenait, le 26 octobre, aucune de ces phrases, ni d’ailleurs le mot « annonce ».

Pourquoi un compte français n’est pas concerné, pour l’instant

L’aide de la Recherche dresse la liste des pays où l’on peut connecter ses applications. Dans la partie « Europe, Moyen-Orient, Afrique », on trouve l’Albanie, le Maroc, la Turquie ou l’Ukraine, mais aucun État de l’Union, ni le Royaume-Uni, ni la Suisse. L’aide de Gemini est plus directe : « Pour l’instant, cette fonctionnalité n’est pas disponible en Australie, dans l’Espace économique européen, au Nigeria, au Royaume-Uni ni en Suisse ». Les deux fonctions exigent en outre un compte personnel et 18 ans révolus.

Le texte des règles vaut donc en France, mais la condition qu’il pose ne peut pas y être remplie aujourd’hui. Google ne dit pas si, ni quand, l’Intelligence personnalisée arrivera en Europe.

Ce que le droit européen ajoute

En Europe, le partage de données entre services de Google passe aussi par un réglage propre à l’Union. Le règlement sur les marchés numériques (DMA) impose des obligations aux « contrôleurs d’accès », les très grandes plateformes désignées par la Commission européenne. Alphabet, maison mère de Google, l’a été le 6 septembre 2023 pour huit services, dont la Recherche, YouTube, Chrome et sa régie publicitaire, d’après la liste de la Commission ; Gmail, Drive, Photos et Gemini n’y figurent pas.

« Conformément à l’article 5(2) du DMA, Google offre, au sein de l’Union européenne, la possibilité d’associer certains services Google », explique sa page d’aide : Recherche, YouTube, services publicitaires, Google Play, Chrome, Google Shopping et Google Maps. Associés, ces services peuvent partager des données personnelles entre eux et contribuer à personnaliser contenus et annonces, selon la version anglaise de la page ; non associés, « certaines fonctionnalités qui impliquent un partage de données entre les services Google seront limitées ou ne seront pas disponibles ». La même page dresse une autre liste, où figurent les applications Gemini, Google Photos et Workspace (la suite bureautique qui comprend Gmail et Drive) : ces services « sont associés par défaut pour les utilisateurs de l’Espace économique européen (sauf en Allemagne) et ne peuvent pas être dissociés ». Comment ce cadre s’appliquerait à l’Intelligence personnalisée si elle arrivait en Europe, Google ne l’écrit nulle part.

Les publicités affichées dans les onglets de Gmail sont un autre sujet, encadré en France par une décision de la CNIL rendue publique le 14 octobre.

Les réglages à connaître

  • Connexion des applications (hors Europe) : sur la page de personnalisation de la Recherche, rubrique « Intelligence personnalisée supplémentaire », puis « Applis connectées », d’après l’aide de Google. La même page précise que déconnecter une application n’efface pas ce qui a déjà été enregistré dans l’historique des services de recherche, à gérer sur activity.google.com.
  • Annonces personnalisées : dans Mes préférences publicitaires, choisir « Désactivé » à côté de « Annonces personnalisées », puis confirmer. Sur les services de Google, les annonces dépendent alors de « facteurs contextuels (heure, thème du site Web que vous consultez, position actuelle, etc.) », mais aussi des vidéos que l’on vient de regarder ou des recherches en cours.
  • Services associés (Union européenne) : dans le compte Google, « Données et confidentialité », puis, sous « Partage de données », « Services Google associés » ; cocher ou décocher, « Suivant », « Confirmer ».

Reste une zone grise que les textes de Google ne lèvent pas : la frontière entre une annonce « fondée directement » sur une boîte de réception et une annonce nourrie de ce que la Recherche en a retenu.

Les citations du blog et de l’aide anglaise de Google sont traduites par la rédaction.

Les agents qui préparent les articles de L’Octet s’appuient sur un modèle d’Anthropic, entreprise concurrente de Google.

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