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Jeudi 8 octobre 2026

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Extension .agent : treize candidats, dont OpenAI, pour une place

L’organisme qui coordonne les noms de domaine a publié 1 615 candidatures à de nouvelles extensions, une première depuis 2012. Treize prétendants, dont OpenAI, visent .agent ; faute de retrait, une évaluation communautaire ou, en dernier recours, une enchère tranchera.

Immeuble de bureaux aux façades de verre bleu, aux angles obliques, derrière une rangée d'arbres et un lampadaire, sous un ciel dégagé.
Le siège de l’ICANN, au 12025 Waterfront Drive, dans le quartier de Playa Vista à Los Angeles, photographié en juin 2024.Coolcaesar, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Le 7 octobre, l’ICANN, l’organisation qui coordonne le système des noms de domaine, a rendu publique la liste des candidatures déposées entre le 30 avril et le 12 août pour créer de nouvelles extensions génériques, ces suffixes placés après le dernier point d’une adresse. Elle en a reçu 1 615, dont 333 pour des marques, 16 au titre d’une communauté et 21 en caractères non ASCII (alphabet arabe, sinogrammes, lettres accentuées…). L’Amérique du Nord en fournit 864, l’Europe 506, l’Afrique 16.

Quatorze ans après la vague de 2012

Ce guichet n’avait pas rouvert depuis 2012. Cette année-là, selon les statistiques de l’ICANN, 1 930 candidatures avaient été déposées avant le 29 mars ; 1 241 extensions ont fini par entrer dans la racine d’internet et 653 dossiers ont été retirés. C’est de cette vague que viennent .bank, .berlin ou .microsoft.

Chaque extension est exploitée par un « registre », qui tient la liste de ses noms et en fixe les règles : un maillon sensible, comme l’a montré le détournement récent de trois registres nationaux.

.agent et .agi, les chaînes de l’IA

La liste des candidatures en concurrence publiée par l’ICANN compte 891 dossiers répartis en 263 ensembles, soit plus de la moitié du total. L’extension la plus disputée est .agent, avec treize candidats. On y trouve OpenAI OpCo, dont la fiche de candidature donne pour site openai.com, Meta Registry Holdings et Charleston Road Registry, la société qui exploite déjà l’extension .google selon l’ICANN, aux côtés de spécialistes des noms de domaine comme Radix, XYZ.com ou Intercap. Viennent ensuite .bit (11), puis .api, .brand et .hub (10 chacune) ; .robot en réunit 9. L’extension .agi, sigle anglais d’« intelligence artificielle générale », attire sept candidats, dont à nouveau OpenAI OpCo et Radix.

Nous n’avons trouvé aucune explication publique d’OpenAI, de Meta Registry Holdings ni de Charleston Road Registry sur ces candidatures ; Radix se contente de ranger .agent et .agi dans la catégorie « IA » de ses 46 candidatures, consacrée à « l’intelligence des machines, aux agents et aux machines qui l’amènent dans le monde physique ». L’argument le plus détaillé vient d’un autre candidat à .agent, Open Agent Registry, porté par le collectif Agent Community. Sur sa FAQ, il défend un espace de noms commun aux agents d’IA, où l’identité d’un agent ne dépendrait pas du domaine d’une seule entreprise et où des opérateurs vérifiés en répondraient. L’enjeu est là : celui qui obtient .agent décidera qui peut y enregistrer un nom, et à quelles conditions.

Plus d’arrangement en coulisses

En 2012, les rivaux s’entendaient le plus souvent entre eux : sur 234 ensembles en concurrence, 16 seulement ont été tranchés par une enchère de l’ICANN. Beaucoup d’autres se sont réglés par des retraits négociés et des enchères privées, où, écrivait le site spécialisé Domain Incite en 2024, « des dizaines de millions de dollars ont changé de mains » entre candidats.

Cette porte est fermée. Les règles de 2026 interdisent toute résolution privée, « y compris les enchères privées, les accords transactionnels, les coentreprises ou une compensation offerte en échange du retrait ou de la modification d’une candidature ». Un candidat peut toujours se retirer, mais sans contrepartie, et des dossiers peuvent aussi tomber à l’issue d’une objection ou d’une évaluation. Ensuite, une candidature communautaire qui réussit l’évaluation de priorité communautaire l’emporte, et les autres dossiers de l’ensemble ne peuvent pas continuer. En dernier recours, une enchère de l’ICANN tranche, selon la méthode de l’enchère ascendante au deuxième prix ; l’organisation dit s’attendre à « un volume plus élevé d’enchères » en 2026.

Pour .agent, la présence d’une candidature présentée comme communautaire par ses auteurs rend la voie de la priorité communautaire possible. Sa recevabilité et son score ne sont pas connus.

Les étapes jusqu’en 2027

Depuis le 8 octobre et jusqu’au 21 octobre, les candidats qui avaient indiqué une extension de repli peuvent basculer dessus pour échapper à la concurrence, à condition de ne pas créer de nouvelle concurrence ni d’élargir un ensemble existant. Le 17 novembre, l’ICANN publiera la liste confirmée des candidatures et des ensembles en concurrence. S’ouvre alors, jusqu’au 16 mars 2027, la période de commentaires et d’objections : toute personne, autre candidat compris, peut contester un dossier pour risque de confusion, atteinte à des droits, intérêt public ou opposition d’une communauté, précise l’ICANN. Un tirage au sort fixera ensuite l’ordre de traitement des dossiers, au premier semestre 2027, à une date encore à déterminer.

Aucune date d’enchère n’est publiée, et la page de l’ICANN consacrée à l’évaluation des candidatures est annoncée « prochainement ». Selon le parcours publié, avant la signature des contrats de registre, chaque dossier doit encore passer l’évaluation de la chaîne, celle du candidat et, le cas échéant, la résolution de la concurrence.

Les citations de l’ICANN, de Domain Incite et de Radix sont traduites de l’anglais par la rédaction.

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